Pourquoi est-ce que je pleure pour un rien ?

Pourquoi est-ce que je pleure pour un rien ?
Il y a des questions que l'on garde parfois pour soi pendant des années.
Et puis un jour...
On ose enfin les poser.
Une personne m'a regardée un jour et m'a dit :
« Je pleure tout le temps... et je ne comprends même plus pourquoi. »
Cette phrase est souvent suivie d'une autre.
« Je dois être trop sensible. »
À chaque fois, je prends quelques secondes.
Puis je lui réponds :
Et si vos larmes n'étaient pas le problème ?
J'aime souvent utiliser une image.
Imaginez une cocotte-minute.
Quand la pression devient trop importante, elle finit par laisser échapper de la vapeur.
Non pas parce qu'elle est fragile.
Mais parce qu'elle est pleine.
Nos émotions fonctionnent parfois de la même manière.
Les larmes ne parlent pas toujours de ce qui vient de se passer.
Elles parlent parfois de tout ce qui s'est accumulé depuis longtemps.
Des mots que l'on n'a jamais dits.
Des émotions que l'on a retenues.
Des blessures que l'on a essayé d'oublier.
Alors il suffit parfois d'une remarque.
D'une chanson.
D'un souvenir.
Ou d'une simple fatigue...
Pour que tout déborde.
Et l'on se dit :
« Je pleure vraiment pour rien. »
Je ne le crois pas.
Je crois que l'on ne pleure presque jamais pour rien.
On pleure souvent pour beaucoup de choses...
Que l'on n'avait jamais pris le temps d'écouter.
Pendant longtemps, on nous a appris à retenir nos larmes.
À être fort.
À ne pas montrer.
Et si pleurer était parfois une façon qu'avait notre corps de nous aider à déposer ce que nous portions depuis trop longtemps ?
Je ne crois pas que les larmes soient un signe de faiblesse.
Je crois qu'elles sont parfois le début d'un soulagement.
Parce que ce qui est accueilli n'a plus besoin de rester enfermé.
Et lorsqu'on cesse de lutter contre ses émotions...
On découvre souvent qu'elles avaient simplement besoin d'être entendues.




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